Elles font l’auto : Agnès Darnac, la loyauté récompensée

Dévouée à ses employeurs et à l’écoute de ses collaborateurs, la dirigeante s’est vue récompensée par sa direction, voilà deux ans, en étant nommée à la tête de la filiale tricolore du leader mondial des centres autos.

Par Romain Baly

 

 

AGNÉS DARNAC – Directrice générale d’Autobacs France

Bien loin des faux-semblants d’usage, empreints de modestie ou de vantardise surjouées, dont font preuve certaines personnalités pour éviter d’aller au fond des choses,

Agnès Darnac dégage une authenticité aussi plaisante que surprenante. Discute avec la dirigeante, dérouler avec elle le cours d’une vie, égrener ses postes et ses expériences permet d’apprécier à sa juste valeur une qualité qui se marie parfaitement – et c’est un curieux para-doxe – avec un voile pudique posé sur certaines questions. Sa vie privée, ses rêves ou son futur resteront ainsi des terres inexplorées. Tel un réflexe, la dirigeante repique invariablement vers sa société et ses fonctions.

L’honnêteté d’esprit n’implique donc pas forcément de tout dire et c’est en cela qu’Agnès Darnac est surprenante. De même que sa promotion, en novembre 2015, à la tête de la filiale tricolore du numéro un mondial des centres autos, qui n’avait jusqu’ici jamais confié les rênes d’une de ses entités à une femme.

Quatre ans après son arrivée dans la société au poste de secrétaire générale, cette nomination a également surpris la principale intéressée. “C’était très inattendu, admet-elle. J’ai toujours fait mon job à fond et sans me poser de question quant à une éventuelle évolution de carrière.” Ce dévouement se corrèle parfaitement avec la culture nippone et semble avoir pesé lourd dans le choix de sa direction. Sans se défausser, cette mère de deux enfants étaye : “J’ai toujours été très impliquée dans les sociétés où j’ai évolué. Depuis mon premier jour chez Autobacs, ma seule obsession a toujours été de contribuer au redressement de l’enseigne.

De ce point de vue, je crois avoir prouvé ma valeur, notamment sur des dossiers chauds tels que celui de la fermeture du dimanche. C’est sans doute la raison de ma nomination. Vous savez, les Japonais sont des gens très pragmatiques dans leur façon de manager. Ils vont à l’essentiel, au concret.” Plus qu’un brillant grade, Agnès Darnac a également trouvé à leurs côtés une nouvelle famille professionnelle, qui tombait à point nommé.

Accessible et à l’écoute de ses équipes

Après de brillantes études dans le domaine de la finance et une dizaine d’années passées dans l’audit, chez PwC France, la dirigeante évolue pendant presque dix-sept ans chez Bang&Olufsen France, en tant que DAF puis secrétaire générale.

Des expériences enrichissantes, la rapprochant souvent de sa formation initiale, toujours menées avec une vision beaucoup plus large. “À chaque étape, j’ai toujours eu en tête de développer le business et les affaires de mes employeurs, souligne-t-elle. Après avoir œuvré chez B&O, j’étais à la recherche de quelque chose de différent. Je voulais intégrer une entreprise internationale, avec également de fortes valeurs humaines et qui puisse m’enrichir sur le plan personnel. C’est précisément ce que j’ai trouvé chez Autobacs, ainsi qu’au travers de la culture japonaise.”

Dans cette entreprise “qui a un grand respect pour ses salariés et ses clients”, la directrice générale a également su “se faire violence” et “se démarquer” d’un management nippon très directif pour prendre la mesure de son rôle. Au quotidien, elle se décrit comme accessible et à l’écoute de ses équipes et tente de déléguer le plus possible.

Chose rare dans le discours d’un top manager et encore plus à une époque où le temps est compté, Agnès Darnac est surtout une dirigeante ayant intégré la notion d’échec dans son mode de fonctionnement.

“Je veux faire grandir mes collaborateurs, insiste-t-elle. Je veux favoriser leur autonomie, je veux qu’ils prennent des initiatives, qu’ils n’aient pas peur de prendre la parole, de donner leur point de vue. J’admets donc qu’ils puissent échouer ! Je suis même du genre à les laisser se tromper pour qu’ils puissent apprendre de leurs erreurs.”

Un discours singulier pour cette femme de convictions qui se dit “en mission” chez Autobacs et qui entend donner son “maximum pour mettre l’enseigne dans les meilleures dispositions” pour le futur. Un challenge aussi important qu’exaltant.

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